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Vctor Alexandre
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La Fête nationale espagnole Imprimeix Correu-e
per Víctor Alexandre   
dimarts, 19 juny 2007
La Fête nationale espagnoleAvec la célébration d'une nouvelle corrida dans la place Monumentale, le 17 juin dernier, Barcelone a été la scène d'un spectacle pathétique et inadmissible ; spécialement en raison de l'hypocrisie politique qui suppose se déclarer ville anti taurine en 2004 et organiser des courses de taureaux en 2007. On dira que d'une part il y a la déclaration officielle faite par la Mairie et d'autre part la législation de la Generalitat. C'est certain. Mais il y a aussi que les deux institutions sont gouvernées par le même parti, le Parti Socialiste (PSC), un parti qui, ne fait pas beaucoup, il a eu un affrontement avec Esquerra Républicana (ERC) dans le gouvernement municipal à ce sujet. Et il se trouve que le PSC est le garant de la nation catalane de la légende nationale espagnole, y compris de la plus exécrable : la Fête nationale. L'hypocrisie, par conséquent, consiste à avoir une loi approuvée par le Parlement – La Loi de Défense des Animaux- et permettre, à la fois, la célébration des spectacles dans lesquels les animaux sont torturés jusqu'à ce que mort s'ensuive. L'hypocrisie consiste à avoir les pleins pouvoirs pour interdire la torture et à ne pas les exercer. L'hypocrisie consiste à faire un rédigé qui parle de protéger les animaux et, à la fois, sachant que la Légende date de 1913, admettre en petites lettres qu'ils pourront être torturés dans des places construites avant 1988.

Le tourment d'être un être vivant ne doit jamais être un spectacle plaisant pour une quelconque collectivité humaine qui se considère évoluée. Pour cela il n'y a aucun sens à ce que les défenseurs de la Fête essayent de discréditer le reste du monde en argumentant qu'on ne peut pas être à la fois anti taurin et mangeur de viande. Cela n'a aucun sens parce que –s'il est sûr que les végétariens démontrent être beaucoup plus conséquents avec leurs principes- ce n'est pas la même chose de se nourrir et de torturer. En partie, il est clair, que quelqu'un nourrit son esprit avec la torture ou considère que la nourriture n'est pas suffisamment nourrissante sans la souffrance préalable de celui qui est mangé. Aussi il attire l'attention de ceux qui considèrent les corridas de taureaux comme de l'art – c'est ainsi qu'ils justifient le plaisir visuel qu'ils éprouvent avec la souffrance qui leur est étrangère -, ils parlent toujours de lutte noble et juste entre l'homme et la bête. Ils ignorent, sûrement, que la bête dont ils parlent a le cerveau d'un canari et que, par conséquent, il est ridicule de présumer être plus intelligent qu'un taureau. En tout cas, nous parlons de la même noblesse et de la même justice qu'il y a dans la lutte entre une personne normale et un déficient mental. L'Espagne devrait se faire surveiller, franchement. Il est assez pathétique d'avoir comme Fête nationale le paradigme de la lâcheté.

El Singular Digital , 19/6/2007 (català)
Racó Català , 21/6/2007 (català)
eurotribune.eu , 20/8/2007 (català, español, français)
 
En défense de la librairie Ona de Barcelone Imprimeix Correu-e
per Víctor Alexandre   
dimecres, 11 abril 2007
Llibreria OnaLes attaques sous forme d’insultes que la librairie Ona de Barcelone a reçues dernièrement ne sont pas différentes de celles dont est souvent victime- bien qu’avec plus de brutalité-la librairie 3i4 de Valence. Celles de Valence, certainement, sont des attaques violentes commises par des individus qui entrent avec des passe-montagnes, agressent les travailleurs et les clients, jettent les livres par terre et crient des consignes à caractère espagnol, alors que celles de Barcelone, pour le moment, s’arrêtent aux paroles. Mais le fondement idéologique qui stimule les agresseurs des deux villes est exactement le même et, par conséquent, le danger que la librairie Ona soit victime d’une attaque plus virulente est bien réel.

Il n’y a pas longtemps, Quim Monzó s’y est référé au moment de recevoir le prix Trajectoire que lui a accordé le monde littéraire et de l’édition. Et il s’avère que les faits sont plus graves qu’ils ne paraissent, parce que derrière, il y a un composant raciste. Ce n’est pas un racisme de pigmentation, c’est clair, c’est un racisme de bas-ventre, un racisme qui naît de la colère et de l’impuissance qu’expérimente l’hispanisme en voyant qu’après trois cents ans de soumission, le soumis maintient encore ses constantes vitales et se permet l’audace d’avoir une librairie au centre de Barcelone qui vend uniquement des livres en catalan. N’est-ce pas une provocation pour le catalanophobique ? N’est-ce pas un modèle de librairie qu’il faut bafouer pour qu’il ne se prolifère pas ?

La Librairie Ona existe depuis quarante-cinq ans, quarante-cinq ans qu’ils ont pour fondement le catalanisme incorruptible de leurs promoteurs, dirigés par Josep Espar i Ticó, et la continuité de Jordi et Montserrat Úbeda, père et fille qui ont reçu en décembre dernier la distinction « Enracinés dans la ville » en reconnaissance à un établissement qui fait partie du paysage urbain de Barcelone autant que la librairie Les Voltes fait partie de celui de Girona. Cette dernière, bien sûr-également poussée par Espar et Ticó-, est victime d’un féroce siège immobilier que seule la fermeté de Feliu Matamala, et non de la classe politique, a sauvé jusqu’à aujourd’hui de la disparition.

Il paraît ironique que des librairies qui ont survécu au franquisme et qui, comme explique Ona dans sa page web, « sont un témoignage de la volonté de survie que notre peuple a eu à maintenir pour faire face aux agressions constantes auxquelles elle était soumise », voient aujourd’hui leur existence menacée. Pensons à cela et tirons en des conclusions.

El Singular Digital , 10/4/2007 (catalan)
eurotribune.eu , 13/4/2007 (catalan, anglais, espagnol, français)
 
La manipulation politique de Francfort 2007 Imprimeix Correu-e
per Víctor Alexandre   
dilluns, 16 octubre 2006
La manipulació política de Frankfurt 2007La présence de la littérature catalane en tant qu’invitée d’honneur lors du Salon du Livre de Francfort 2007, sera une grande opportunité pour les Pays catalans. Il s’agit du salon littéraire le plus important du monde, beaucoup plus que le salon mexicain de Guadalajara, et, par conséquent, la projection internationale qu’il représente est extraordinaire. Si à cela nous ajoutons que la littérature catalane fait partie d’une culture minorisée et que cette minorisation est le fruit de l’hostilité de ses deux puissants voisins, l’Espagne et la France, l’invitation ne peut être plus opportune.

Cette invitation, cependant, ne pouvant être autrement s’agissant d’une nation sans Etat, est devenu une source de conflits et a fait paraître les misères qu’implique toute subordination excessivement prolongée au gré d’un tiers. J’ignore la façon dont cette situation se résoudra, l’année même où les invitées d’honneur sont les lettres basques, mais ses auteurs et son gouvernement devraient réfléchir à la manière de ne pas tomber dans des débats absurdes et offrir des spectacles aussi pathétiques comme c’est le cas actuellement en Catalogne. De la même manière, ce n’est pas une nouveauté qu’un des pièges dans lequel tombent tous ces peuples dépourvus de reconnaissance juridique est la justification. Ces peuples dépensent énormément d’énergie à rechercher des faits, des preuves, des raisonnements, etc., dans le but de convaincre le monde de leur existence réelle.

Je dis cela, parce que le débat, à savoir si seuls les auteurs écrivant en catalan ou également ceux en espagnol doivent se rendre à Francfort, est le fruit d’un piège sémantique, préparé par le Parti socialiste, avec deux objectifs : imposer ses auteurs – qui, en général, sont l’immense majorité qui écrivent en espagnol - et frustrer toute projection internationale de la Catalogne différenciée d’Espagne. Le piège, par conséquent, consiste à échanger « lettres » par « culture ». De cette manière, ce qui est irréfutable dans le premier cas, à savoir que les lettres catalanes sont uniquement écrites en catalan, devient un objet de débat dans le second. Saisissez-vous la nuance, cher lecteur ?

Pour rendre cela plus compréhensible, nous allons citer trois personnages dont le lieu de naissance ne concorde pas avec la langue de leur œuvre : le Basque Miguel de Unamuno, l’Occitan Georges Brassens et le Grec Georges Moustaki. Quelle a été la contribution de ces auteurs aux langues de leurs pays d’origine ? Certainement aucune puisque la langue dans laquelle ils ont écrit leur œuvre était une autre. Unamuno a écrit en espagnol, et Brassens et Moustaki en français. Nous parlons donc d’auteurs dont les œuvres ont enrichi le patrimoine des lettres espagnoles et françaises, mais qui n’ont absolument rien représenté pour les lettres basques, occitanes et grecques. Nous avons un autre exemple, dans ce cas catalan, chez des auteurs comme par exemple Tisner ou Pere Calders, qui ont vécu vingt ans exilés au Mexique. Pour gagner leur vie, ils ont écrit des choses diverses dans la langue de ce pays, mais sans jamais renoncer à faire de la littérature catalane. Leurs travaux en espagnol ne sont donc pas patrimoine des lettres catalanes et réciproquement leurs oeuvres en catalan ne sont pas patrimoine des lettres espagnoles. Ne pas admettre cette évidence serait de dire avec absurdité que des livres comme par exemple Paraules d’Opoton el vell et Prohibida l’evasió, de Tisner, ou Cròniques de la veritat oculta et Gent de l’alta vall, de Calders, font partie de la littérature et culture mexicaine.

Ce qui est drôle également c’est que ces auteurs catalans qui ont opté librement pour la langue puissante qu’est l’espagnol dans le but de « s’ouvrir », déclarent-ils – comme s’il existait des langues ouvertes et des langues fermées –, mais en occultant le mobile économique, prétendent être invités d’honneur la même année que la langue qu’ils ont rejeté. Et si ce n’est pas le cas – excepté les louables exceptions de Javier Cercas et de Juan Marsé –, comment explique-t-on ce silence complice face au plan du PSC, consistant à montrer les lettres catalanes comme un sous-système pittoresque des lettres espagnoles ?

José Montilla déclare qu’« il ne faut pas marginaliser les créateurs catalans qui s’expriment en castillan ». Tiens ! Du coup les marginalisés sont maintenant les puissants. Il est clair que le prétexte est qu’il existe beaucoup de personnes dont la langue maternelle est l’espagnol en Catalogne. Très bien. Et alors ? Qu’est-ce que cela a à voir avec l’invitation à une littérature ? 300 langues sont parlées en Catalogne. Est-ce que cela signifie que ce seront ces 300 langues qui devront être invitées d’honneur ? Le ministre Montilla – chose préoccupante pour quelqu’un qui se proclame de gauche – ne considère-t-il pas que sa langue est supérieure et que les autres langues sont inférieures ? Il répondra probablement que les autres ne sont pas des langues officielles et qu’elles ne peuvent, par conséquent, être considérée de la même manière. Mais, pourquoi pas ? N’étions pas restés sur le fait que le PSC est un parti nationaliste ? Pourquoi cette défense aussi viscérale de la nation espagnole se produit-elle soudainement ? C’est plus parce que la langue espagnole fait partie de la Catalogne, puisque de nombreux hispanophones y vivent et que la Catalogne, selon le PSC, c’est l’Espagne. Comment se fait-il que les 298 autres langues maternelles des milliers de citoyens qui vivent aussi dans cette partie de l’Espagne ne sont pas aussi espagnoles et officielles ?

Cette incongruité nous démontre à quels extrêmes parvient la manipulation politique sur cette question, au moyen d’arguments ridicules et insoutenables qui ne pourraient jamais s’imposer si ce n’est grâce à la force d’un puissant appareil étatique. L’occultation nationale de la Catalogne, comme celle du Pays Basque, est alors une raison d’Etat pour l’Espagne. Celle-ci est prête à faire n’importe quoi afin d’empêcher que le monde sache que, dans ce qu’elle considère son territoire, il y a des personnes qui vivent heureusement les 24 heures de la journée sans penser, sans parler et sans écrire espagnol. Pour quelqu’un qui, dans les terres d’outre-mer, a exterminé toutes les langues rencontrées afin d’imposer la sienne, la survivance provocante du catalan et du basque en territoire péninsulaire est une humiliation insupportable.

Berria , 16/7/2006 (basque)
Nabarralde , 21/7/2006 (espagnol)
Racó Català , 11/10/2006 (catalan)
El Punt , 13/10/2006 (
catalan)
normalitzacio.cat , 16/10/2006 (catalan)
Eurotribune.net , 18/10/2006 (catalan, anglais, espagnol, français)
 
Maintenant c'est le tour de Bruxelles Imprimeix Correu-e
per Víctor Alexandre   
diumenge, 10 setembre 2006
Brussel·lesIl faut souffrir pour grandir. Tous les processus d’apprentissage, de maturation et d’émancipation individuel ou collectif sont lents, difficiles et pleins de moments de déception. L’histoire nous raconte que tout grand progrès, qu’il soit politique, scientifique ou social, est presque toujours précédée d’un ou de plusieurs délais. Il est improbable qu’un événement marquant pleinement réussi n’ait pas exigé tout d’abord l’intelligence de savoir faire un pas en arrière au moment opportun. Et c’est comme ça, parce qu’il n’existe pas de lignes droites dans les chemins de la vie. Tout événement humain marquant est inaccessible sans la capacité de reconnaître ces propres limites. Et nous autres Catalans, c’est bien connu, nous avons nos limites. Certaines sont idiosyncrasiques, elles font partie de notre nature, d’autres sont le fruit de l’adversité et répondent à des faits ponctuels. De même, ces limites, aussi sûres qu’elles semblent être, ne sont pas un ennemi ajouté à notre subordination nationale. Ce n’est pas le cas puisque ceux qui veulent nous voir subordonnés ont aussi des limites ; ceux qui se déclarent supérieurs à nous et nous disent que nous ne sommes personne pour décider par nous-mêmes, sont également, bien qu’ils le regrettent, irrésistiblement subordonnés à leur propre nature. Il s’agit de la savante ironie de la vie, celle qui nous rappelle non seulement notre vulnérabilité mais aussi celle de nos ennemis. 
 
Mais moi, aujourd’hui, je ne veux pas vous parler des ennemis extérieurs, mais de cet ennemi que nous Catalans portons en soi. Il s’agit de l’ennemi le plus dangereux de tous parce qu’il ne se voit pas, et, même si c’était le cas, nous sommes incapables de le reconnaître, puisqu’il adopte notre propre visage. Cet ennemi a un nom : il se fait nommer déception. Une déception que nous-mêmes, souvent sans nous en rendre compte, nous répandons à tord et à travers sous forme d’idée selon laquelle nous ne nous en sortirons jamais parce que « l’Espagne et la France ne voudront jamais … », parce que « l’Espagne et la France n’admettront jamais … », parce que « l’Espagne et la France ne nous laisseront jamais … ». 
 
Nous devons éradiquer cette négativité de notre cerveau, et cela pour plusieurs raisons. Je vous en donnerai trois. La première : parce qu’il s’agit d’une preuve d’infantilisme, de sous-estimation de soi et de méfiance envers ces propres possibilités, s’estimer vaincu avant d’avoir terminé la partie. Cela ne veut pas dire que l’infantilisme est une mauvaise chose en elle-même, l’infantilisme n’est pas mauvais chez un enfant, mais il est maladif et transpire le pathétisme quand il devient l’image de marque d’un peuple qui se vante d’avoir mille ans d’histoire. La deuxième : parce que plus nous insistons sur l’impossibilité de l’indépendance nationale, plus la fausse certitude de cette impuissance se consolide en nous-mêmes. L’indépendance n’est pas une récompense qu’un père omnipotent doit nous décerner pour bonne conduite, l’indépendance est un droit qu’exerce tout être humain, quand il arrive à l’âge adulte, ou toute collectivité nationale quand elle prend conscience que l’égalité entre les peuples n’est pas possible sans le respect de leur singularité. Et la troisième : parce que l’énergie que nous gaspillons avec la pratique de la victimisation ou de la justification nous éloigne chaque fois plus de l’exercice de la maturité. Et la maturité d’un peuple est attestée par le refus de ce peuple à subordonner la volonté de son Parlement à la volonté d’un autre Parlement. 
 
Il n’y pas de doute que, récemment, nous avons été victimes d’une fraude historique, d’une fraude appelée Statut qui, dans un délai très court, sera soumis au juge de l’histoire, mais nous ne devons pas pour cela nous décourager. En effet, dans ce monde il n’y a rien qui soit intrinsèquement bon ni intrinsèquement mauvais. Et pas seulement parce que la nature ne fait pas de jugements moraux ou parce qu’il ne pleut jamais selon le goût de tout le monde, mais parce que de nombreux faits que nous jugeons négatifs un jour, finissent, avec le temps, par avoir des contreparties assez positives. Mais il est clair que pour que cela arrive, il faut savoir positiver l’adversité. Et le côté positif du piège du Statut est que l’Espagne n’a pas été définitivement dénudée. 
 
En réalité, quoi qu’ils en disent, il n’y a pas de nouveau Statut. Il n’y en a pas parce que tout Statut qui ne reconnaîtrait pas la nation catalane, qui n’en finirait pas avec la spoliation fiscale, qui ne contemplerait pas le concert économique, qui n’admettrait pas la gestion de nos ports et aéroports, qui n’obligerait pas à étiqueter en catalan tous les produits fabriqués ou distribués en Catalogne et qui refuserait, en plus, le droit de célébrer des référendums, d’avoir des sélections nationales et d’exercer démocratiquement le droit à l’autodétermination, est un Statut au service des intérêts de l’Espagne et, par conséquent, un Statut contraire aux intérêts de la Catalogne. 
 
Ne nous rendons nous pas compte du non-sens que suppose la direction de la Catalogne par un Statut ? Ne nous rendons nous pas compte que « nation » et « Statut » sont deux termes contradictoires ? Les nations adultes n’ont pas de Statut, les nations adultes ont une Constitution. Et où est la constitution de la Catalogne ? Où est le document qui garantit sa personnalité juridique ? Où est la Grande Charte qui la comparerait en droits et devoirs aux autres nations souveraines du monde ? Nous n’avons rien de cela, et pourquoi ? Parce que la tentative de nos voisins de convertir les Catalans du sud en Espagnols et les Catalans du Nord en Français reste inaltérable tout au long du temps. A chaque cycle politique, des gouvernements de signe différent naissent et meurent tant en Espagne qu’en France, de droite comme de gauche, mais tous, absolument tous, ont un objectif commun : la disparition du peuple catalan comme identité nationale différenciée. 
 
Fossar de les MoreresC’est pour cela que moi, aujourd’hui, en ces lieux et dates, si forts en symbolisme, je propose formellement de nouveau l’unité de tous l’indépendantisme catalan, le surpassement de nos bagarres jusqu’au jour suivant l’indépendance et la concentration des énergies dans l’internationalisation de notre conflit. Nos haut-parleurs ne doivent pas être les rues de Barcelone, de Valence, de Palma, de Fraga ou de Perpignan, et encore moins celles de Madrid ou de Paris. Nos haut-parleurs doivent être les rues de Bruxelles parce que c’est seulement là-bas, dans la capital de l’Union européenne, que nos revendications auront un écho international. Les manifestations du 18 février dernier au centre de Barcelone et du 1er avril au centre de Bilbao ont été un grand succès, certainement, mais c’est déjà de l’histoire ancienne. Maintenant c’est le tour de Bruxelles, maintenant c’est le tour de Strasbourg. La prochaine manifestation multitudinaire de revendication nationale doit être catalano-basque, à savoir, des Catalans et des Basques unis, et cela devant les institutions européennes, parce que c’est là-bas, en qualité d’Européens, que nous devons rappeler aux démocrates de quelconque partie du monde que l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé une résolution selon laquelle « Le droit des peuples et des nations de décider par eux-mêmes est une condition préalable à l’application de tous les droits fondamentaux de l’être humain ». 
 
Manifestació del 18 de febrerMa proposition, par conséquent, est de travailler en vue de récupérer l’esprit unitaire de la manifestation du 18 février, parce que c’est dans cette unité que se trouve le secret de notre liberté. Si nous n’avons pas le courage de repousser les différences qui nous divisent, si nous ne sommes pas capables de mettre la Catalogne au-dessus de nos manies personnelles ou des intérêts de parti, celle-ci ne récupérera jamais son indépendance. Ca suffit de nous disputer entre nous, ça suffit de gaspiller de l’énergie en exposés internes ou de mesurer l’épaisseur de légitimité de chacun. La Catalogne passe en premier, et si nous l’aimons vraiment il n’y a pas de doute que nous voudrons sa liberté. Mais cette liberté ne sera pas possible si tous et chacun de nous ne sommes pas disposés à admettre que l’important n’est pas que la Catalogne soit de gauche, de centre, communiste, anarchiste ou conservatrice, mais que la Catalogne soit libre pour pouvoir décider ce qu’elle veut être. Et c’est en accord avec ce principe que je vous propose de concentrer toute notre force dans l’objectif de parvenir à la cohésion des nations sans Etat de l’Union européenne, une cohésion de nations qui s’exprimerait d’une seule voix au Parlement de Strasbourg. Je parle, par conséquent, de cohésion en Catalogne et de cohésion dans l’ensemble des Pays catalans, de cohésion avec le Pays basque et la Galice, de cohésion avec l’Ecosse, le Pays de Galles, la Flandre, la Corse, la Bretagne ou l’Irlande du Nord … Je parle, en définitive, d’unité d’objectifs et d’unité de critère pour les atteindre. Il s’agit de la clé de notre force, et le jour où nous l’exercerons elle sera si puissante qu’il nous paraîtra incroyable qu’une chose aussi élémentaire ne nous soit pas arrivée avant. 
 
La France et l’Espagne se trouvent à la fin de leur histoire impériale. Peu importe qu’ils ne se rendent pas compte ou qu’ils ne veuillent pas se rendre compte, leur cycle vital s’achève, et avec leur fin naît un autre cycle qui sera leur antithèse. Je parle d’un cycle marqué par le déclin des petits peuples. Et parmi ces peuples, soyez-en certains, il existe une place pour les Pays catalans.

Berria , 15/9/2006 (basque)
Nabarralde , 15/9/2006 (espagnol)
Racó Català , 19/9/2006 (catalan)
Eurotribune.net , 26/9/2006 (catalan, anglais, espagnol, français)
 
Le Barça, reflet d'une anormalité politique Imprimeix Correu-e
per Víctor Alexandre   
dilluns, 28 agost 2006
The biggest Catalan flag in the world, in the Camp NouLes Pays Catalans représentent une région de questions récurrentes. Notre incapacité évidente à résoudre nos problèmes tout au long des siècles nous pousse continuellement à débattre des questions que les villages normalisés ont déjà bien longtemps laissé derrière eux. Nous nous interrogeons, jour après jour sur notre identité, notre langue, nos droits, nos symboles… La récupération de notre indépendance politique serait déjà légitimée rien pour cela, ce besoin vital de sortir une bonne fois pour toute de ce cercle vicieux profondément insensé. Le Barça, il est clair, n’est pas étranger à tout cela. La preuve en est que les années passent mais que le débat sur sa dimension extra-sportive reste inaltérable. Et, de la même façon, peu importe le fait que le Barça est plus qu’un club ait été justifiée et explicitée par différents penseurs dans des articles, des livres ou des thèses doctorales ; peu importe, parce que notre immaturité collective se caractérise toujours par faire le tour du même sujet pour montrer que nous réfléchissons, alors qu’en réalité nous voulons seulement gagner du temps pour n’avoir à prendre aucune décision.

Donc, oui, disons-le encore une fois : le Barça est plus qu’un club parce qu’il représente un peuple sans attributs, un peuple dépourvu de reconnaissance juridique et de projection internationale. C’était le cas à l’époque de Franco et c’est toujours le cas dans le dénommé Etat des autonomies. Il est par conséquent logique que le Barça continue à être le canalisateur de toutes nos frustrations. Ses victoires sont nos victoires et ses défaites sont nos défaites. Cela explique la présence d’un million de personnes dans les rues, voulant le remercier pour sa victoire à la Ligue des Champions, mais cela indique aussi le degré d’infantilisation auquel nous sommes parvenus, car nous ne nous rendons pas compte que la cause motivant cette explosion de joie est exactement la même que lorsque nous étions sous le joug franquiste : la subordination catalane en Espagne.

plus quýun clubIl est vrai qu’une recatalanisation du Barça s’est produite depuis l’arrivée de Joan Laporta. Sans lui, Joel Joan n’aurait jamais pu crié « Vive des Pays Catalans libres ! » depuis le centre du stade et l’on n’aurait jamais célébré non plus une action du Correllengua comme l’année dernière. Mais nous autres Catalans, nous n’avons approuvé ni une seule des signatures propres d’une population adulte, et ce déficit de maturité et de reconnaissance sociale, aussi paradoxal que cela puisse paraître, a fini par constitué la base de la grandeur extra-sportive du Barça. C’est-à-dire que la grandeur de l’entité et la représentativité que nous lui attribuons sont inséparables de notre anormalité politique. Le Barça est plus qu’un club parce que nous, nous somme moins qu’une nation. Si nous nous rendions compte que l’indépendance n’est pas un privilège mais un droit et que, par conséquent, nous ne devons pas le demander mais l’exercer, nous nous rendrions compte aussi que les victoires de l’équipe sont le cadeau empoisonné qui nous éloigne de nos responsabilités nationales. La normalisation du pays consent à avoir des sélections nationales propres, et ce sont celles-là – non une entité sportive –qui doivent adhérer et projeter la nation catalane àl’international.

Avant que cela n’arrive, le Barça sera soumis à tout type de pressions. Nous nous rappelons ainsi de la présence du roi d’Espagne et de Rodríguez Zapatero au balcon du stade de Saint-Denis, à Paris, avec la mise à l’écart du président de la Catalogne – qui n’avait même pas été invité – ou la supression aux parlements des joueurs le jour de la célébration au Camp Nou. Il n’est pas nécessaire de signaler que ce n’était pas la partie qui intéressait réellement le roi d’Espagne et Zapatero, mais plutôt le pouvoir de transmettre au monde, à travers leur personne, que le Barça est un club espagnol et que les Espagnols sont leurs triomphes et leurs coupes. En ce qui concerne le sujet des parlements, l’entreprise chargée du son a déjà expliqué qu’il y avait cinq microphones disponibles et que son matériel n’a subit aucune panne. Un fait, bien sûr, qui rend les pressions politiques – internes et externes – que le club a reçu encore plus indéniables, face à l’éventualité que quelqu’un puisse manifester son “non” contre la fraude du Statut ou faire référence, directement ou indirectement, aux Pays Catalans. Tout cela nous amène à dire que la recatalanisation du FC Barcelone, aussi vivifiant que cela puisse nous sembler, fera difficilement de ce club ce qu’il n’est pas : une authentique sélection nationale. Il s’agit ici d’une partie qui ne se gagne pas avec les pieds mais avec la conscience.

Lluita , juin-julliet 2006 (catalan)
Racó Català , 29/8/2006
(catalan)
Eurotribune.net , 30/8/2006 (catalan, anglais, espagnol, français)
radiocatalunya.ca , 30/8/2006 (catalan)
 
Monsieur le président, je vous fais une lettre ... Imprimeix Correu-e
per La Semaine du Roussillon   
dimecres, 24 desembre 2003
Avec un petit sourire en coin et le cynisme de celui qui a déjà tout compris lorsqu’on s’adresse a un gentil demeuré, il m’a traité de «repli identitaire». Je me suis regardé, de fond en comble ... pas de jaune d’œuf sur ma cravate ... et puis j’ai compris, je devais ce commentaire parce que j’ose parler, de temps en temps, en catalan. Il est des cultures qui annihilent toutes les autres par son seul contact. Vous avez beau connaître par cœur les oeuvres de Shakespeare, et prendre l’avion (merci Ryanair) pour ne pas manquer la dernière représentation du roi Lear à Londres, de pouvoir chanter par chœur tout Brassens et Bob Dylan, avoir lu et relu toute l’école littéraire de Missoula (Michigan) et d’être abonné a «Fly Fisherman», le moindre contact avec la culture catalane vous condamne à n’être qu’un vulgaire «repli identitaire» acculturant. Je ne connais pratiquement pas de catalanistes qui ne parlent trois, quatre ou cinq langues. Mais, le Catalan c’est le trou noir de l’hyper espace, toute matière grise qui s’en approche est aussitôt atomisée, désintégrée ... si vous ne crachez pas sur vos parents ou grand-parents vous n’atteindrez jamais l’universel auquel seul le monoglotiste francophone peut aspirer. Cette vérité, vous la découvrirez aussi bien dans la bouche d’un Chevènementiste, d’un Front national, d’un progressiste de gôche, que d’un baba cool soixante-huitard sur le retour. Mais si vous doutez seulement un instant, si vous vous refuser de mépriser une culture quelle qu’elle soit, alors vous devez lire absolument «Senyor President» de Víctor Alexandre. Il s’adresse au futur président d’un imaginaire Pays Catalan. C’est simple, clair, limpide, et tellement vrai. Vous n’aurez plus l’impression d’être un martien totalement isolé en Jacobinie Intérieure. C’est un régal. Le meilleur essai, sans aucun doute, jamais écris sur notre réalité culturelle, et sur le respect universel dû naturellement à toutes les différences. A ne manquer sous aucun prétexte. Ce dernier conseil de l’année 2004, est le meilleur cadeau de Noël que je pouvais faire à mes sœurs et frères «repliés (en quatre) culturellement».

Senyor President  Senyor President (Carta oberta)
Víctor Alexandre
189 pages
Edition Proa en langue catalane (repliée)
  
La Semaine du Roussillon, núm. 401, 24/12/2003
 
« Ne me parles pas dans ta langue, tu m'offenses » Imprimeix Correu-e
per Víctor Alexandre   
divendres, 02 juliol 2004
Parlament Europeu« Si un député basque parle en euskera dans les débats, Quel débat y-aurait-il ?, se demandait Eduardo Zaplana, porte-parole du groupe populaire au Congrès. « Le sens commun nous dit », insistait-il, « que si nous parlons tous une langue, qui est celle qui nous unit, il faut utiliser cette langue ». Zaplana, de toute évidence, se référait à la décision des députés et des sénateurs d’ERC de parler en catalan lors de leurs interventions au Congrès et au Sénat. L’argumentation est si ridicule qu’il faudrait en rire si le sujet n’était pas aussi sérieux. Car, dans quelle langue parlent les députés au Parlement Européen, en commençant par Jaime Mayor Oreja et José/Josep Borrell ? Comment cela se fait-il que l’anglais existant comme langue commune, les députés européens ne l’utilisent pas dans les débats ? Et bien pour la simple raison qu’un chose est la langue de communication personnelle entre eux et une autre la juste représentation de toutes les langues de l’Union dans les sessions officielles. Je veux dire qu’indépendamment de la langue dans laquelle communiquent un Allemand et un Italien dans les couloirs de la chambre, ce sera respectivement en allemand et en italien qu’ils se parleront depuis les sièges.

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"Tirant le Blanc"et l'auto-haine de Vicente Aranda Imprimeix Correu-e
per Víctor Alexandre   
dissabte, 22 abril 2006
ImageCette version cinématographique du héros de Joanot Martorell ne peut vraiment pas être plus insignifiante et anodine avec ses batailles peu travaillées et un protagoniste, Caspar Zafer (Tirante), incapable de transmettre la moindre petite émotion. Leonor Watling, Ingrid Rubio et Victoria Abril sont les seules qui, en fait, donnent une certaine entité au film car Giancarlo Giannini et Jane Asher, dans les rôles de l’empereur et de l’impératrice de Byzance, passent à l’écran comme des âmes en peine à la recherche d’un directeur qui aime l’histoire qu’il explique au lieu de l’utiliser pour canaliser ses phobies.
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